







Date : 04/06/2012 au 06/06/2012
Lieu : Rio de Janeiro - Brézil
"Elinor Ostrom, prix Nobel d'économie en 2009, avec Oliver Williamson, pour leur analyse de la gouvernance économique, était invitée en France pour une semaine de conférences. Ce fut l'occasion de revenir sur les travaux de cette professeur de sciences politiques. En ayant été récompensée pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d'usagers, Ellinor Ostrom a donné une nouvelle visibilité à cette forme spécifique de propriété et de gouvernance, qui place les décisions collectives des « communautés » au centre du jeu socioéconomique. Elle ravive ainsi une approche alternative aux positions oscillant traditionnellement entre la régulation par le marché ou la régulation étatique et remet considérablement en cause l'idée prédominante selon laquelle la propriété commune est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché »[2].
Les recherches d'Ostrom revendiquent un « retour au réel ». Elle a ainsi observé, des associations d'usagers des services de l'eau à Los Angeles, des activités de la police dans l'Indiana ou des systèmes d'irrigation au Népal. De ces analyses elle conclut que des associations volontaires ou d'autres collectifs d'individus peuvent gérer efficacement et équitablement l'utilisation de ressources communes, en définissant et faisant respecter les règles qu'elles auront établies... d'autant que la régulation étatique ou par le marché peut échouer, notamment parce que les individus ne s'accordent pas toujours sur la finalité de la régulation. Il s'agit aussi de remettre l'humain au centre, rhétorique qui, ici prend effet, puisque la gestion des communs s'appuie sur les interactions humaines, les arrangements décidés entre eux, les résolutions de conflits à l'intérieur de groupes sociaux. Ostrom se distancie de la « rationalité économique », en renverse l'ordre, sans pour autant sacrifier à la recherche d'efficacité.
Lors d'une de ses conférence, il était question de biens immatériels et internet, d'économie sociale et solidaire... des enseignements des travaux d'Ostrom pour pousser plus loin les réflexions sur l'auto-organisation, les pratiques délibératives et les échelles appropriées des communautés d'usagers, mais aussi d'interroger sur les porosités entre communs et espaces marchands... La Nobel s'est avant tout attachée aux mots, au système du langage pour circonscrire l'analyse. Tout n'est pas bien commun. Et les amalgames détourneraient, volontairement ou non, l'approche par les communs. Le grand apport d'Elinor Ostrom est dans cette distinction entre les « communs considérés comme des ressources » et les « communs considérés comme une forme spécifique de propriété ».
..."
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Le site des Nations Unies Rio+20
Sources :