le 19/04/2010

Les résultats des dernières élections régionales sont maintenant connus de tous. Un citoyen sur deux n’a pas voté. Dans le même temps l’Observatoire de la pauvreté et de l’Exclusion Sociale vient de remettre son rapport annuel (http://www.inegalites.fr).
Il porte une appréciation sur les effets de la crise en s’appuyant sur les travaux réalisés par l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques* et annonce une hausse de 240 000 du nombre de personnes pauvres, portant le taux de pauvreté en France de 13,4% à 13,7%, soit plus de 8 millions de personnes.
Crise civique et crise sociale se rejoignent : l’économie sociale a des réponses à apporter.
L’économie sociale et solidaire construit une économie impliquée, en proximité des territoires, avec une ambition de transformation sociale. Elle recherche le bien commun et non l’intérêt particulier en mettant en priorité le projet social et les personnes. L’ensemble de ses valeurs et de ses principes sont inscrits dans les fondements juridiques de ses organisations de personnes, qu’elles soient associations, coopératives ou mutuelles. Ils garantissent une gouvernance démocratique, une non-appropriation individuelle des résultats, la finalité sociale et sociétale de leur projet.
Acteur essentiel de la vie locale, l’économie sociale et solidaire souhaite relever les défis économiques et sociaux actuels. Pour avancer dans cette démarche, les acteurs de l’économie sociale et solidaire ont fait des propositions à travers une « plateforme pour un autre développement de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur » (cf. Etoile n° 85 Février 2010).
Plus que jamais, ces propositions restent d’actualité et doivent être prises en compte pour une meilleure justice sociale :
• Le défi démocratique – Construire des réponses collectives dans chaque territoire : Pour se donner les moyens d’agir davantage, la Chambre Régionale a nommé des délégués départementaux en responsabilité d’organiser dans chaque territoire une représentation des intérêts des acteurs de l’économie sociale et solidaire.
• Le défi économique – Favoriser un autre modèle d’entreprise : Pour renforcer la politique de soutien en faveur des formes statutaires de l’économie sociale et solidaire, la Chambre Régionale a engagé un travail de fonds sur la reconnaissance de l’innovation sociale portée par nos organisations.
• Le défi social et éducatif – Soutenir des projets « durables » au plus près des territoires et des populations : Pour une meilleure prise en compte, par la mesure, des contributions des acteurs de l’économie sociale et solidaire, la Chambre Régionale vient de lancer une large concertation pour la création d’un indice territorial de l’utilité sociale.
Cela signifie travailler à renforcer notre légitimité, appuyer et soutenir les innovations sociales dans notre région, mais cela suppose aussi d’imaginer des dynamiques coopératives et d’alliances avec d’autres acteurs extérieurs à notre forme d’économie.
C’est ainsi, en renforçant notre mobilisation collective, que nous pourrons ensemble contribuer à la promotion des fondements, des valeurs et des pratiques de nos entreprises et ainsi placer le volontariat, la démocratie et la primauté de l’Homme sur le capital au centre de notre modèle de développement.
La Présidente,
Marcelle GAY